Avant de repartir parcourir le monde à la recherche d’un graal, entre deux orages, je me suis attardé au fond de mon jardin, en ce lieu si proche, si intime et néanmoins méconnu. Là, où le ru dans un dernier frémissement rejoint les eaux paisibles de l’étang, j’ai croisé de charmantes et pimpantes demoiselles aux grands yeux bleus, verts, marrons et noirs; des yeux d’une beauté à vous damner pour l’éternité. Malheureusement, l’habit ne faisant pas le moine, ces « charmants » zygoptères qui ont su me séduire avec la malice du diable sont, aux dires des encyclopédies, de redoutables prédateurs, dignes d’un film d’Alien.
Voraces, toujours en quête d’une proie, furtives au possible, je soupçonne ces frêles libellules d’être, entre autre, passablement cabotines et d’une grande curiosité. Dans ma dernière série d’images, l’une d’entre elles, une femelle aux beaux yeux bleus aux reflets vert-émeraude, avant de prendre congé et disparaître à la vitesse de la lumière, est venue se poser sur mon objectif et m’a fixé un long moment. Bien entendu, loin de moi de penser qu’elle me trouvait séduisant, mais quand même ? A moins que, le temps d’un instant, elle ait eu les yeux plus gros que le ventre.
PS. Demain je reprends l’avion pour l’Asie. Après un bref passage dans l’archipel des Sulawesi je me rendrai certainement au Vietnam.
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